Partie 5: Face à face (plus quelques nouvelles d'une certaine BD)
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: Ajouté le 6/1/2007 à 18:22
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Face à face
Elle marchait à grands pas sur la route pavée, son écharpe virevoltant derrière elle. Elle était à bout. Il ne la lâchait pas d’une semelle, et sa perception se faisait toujours plus précise. Le rêve avait rejoint la réalité, et elle ressentait en permanence des émotions qui n’avaient rien à voir avec elle. Elle ne parvenait pas à faire le tri, et elle marchait, toujours plus vite, comme si elle avait pu le semer et retrouver son intimité. Elle avait envie de crier « Sortez de ma tête ! ». Mais elle fuyait en silence, elle se hâtait vers son studio pour retrouver un espace à elle.
Ce serait pire. Cela la frappa comme une évidence. Enfermée dans ce petit espace avec l’autre… Il y avait de quoi devenir fou ! Que faire ? Elle cessa soudainement d’avancer et resta figée, indécise, au milieu de la chaussée déserte. Les yeux la fixaient toujours. Quand elle fermait ses paupières, ils étaient toujours là , elle les voyait dans son esprit!
Ca ne pouvait plus durer. Elle se retourna. Il n’y avait rien, rien qu’une route sombre qui serpentait entre les lampadaires. Pourtant, au cœur de ces ténèbres, elle le sentait, il était là . Vague de jubilation lointaine.
« Je sais que tu es là », fit-elle à voix basse, comme une simple constatation.
Seul le silence nocturne lui répondit, les rumeurs de la ville endormie. Quelque part pourtant en son âme elle perçut un frémissement. Appréhension confuse.
« Pourquoi tu me suis ?! Qu’est-ce que je t’ai fait ? »
La frustration explosait, plus forte que sa crainte.
Elle poussa un soupir découragé, quand elle l’aperçut. Il était là , il avait toujours été là . Debout dans le noir, face à elle. C’était un garçon d’une quinzaine d’années seulement, dont les traits encore enfantins contrastaient curieusement avec des cheveux de vieillard et des yeux rouges qui brillaient au fond de leurs orbites, soulignés par des cernes noires.
Leurs regards se rencontrèrent, et soudain elle comprit. A cet instant, ce qu’elle recevait jusqu’alors par bribes lui parvint entier. Elle faisait face à un monstre. L’envie qu’il avait de la tuer, de transpercer sa peau de ses dents et de boire goulûment son sang jaillissant, elle la partagea. Elle eut un haut le cœur.
Elle sentit qu’elle ne pourrait pas s’échapper. Malgré la peur qui s’emparait d’elle, elle planta son regard dans le sien et résolut de ne pas lâcher prise. Elle ne s’abaisserait pas au niveau d’un animal, à fuir, à hurler et à se débattre en perdant conscience de son humanité. Non, jusqu’au bout, elle resterait elle-même, celle qu’elle avait choisi d’être.
Le lien qui l’unissait à cette chose modifiait peut-être ses sentiments, mais elle ne pouvait pas le haïr, même si elle savait qu’il allait la tuer. Non, il lui inspirait plutôt de la pitié : pauvre créature perdue dans ces haillons misérables, triste imitation d’être humain… Pourquoi restait-il immobile ? Qu’attendait-il ? Elle perçut alors un sentiment plus puissant que la faim qui le dévorait. Un désespoir muet, sans nom.
La sueur coulait dans son dos malgré le froid ambiant. Il fallait qu’elle fasse quelque chose. La pression était trop forte. Elle s’avança, digne, vers sa fin. Sans qu’elle s’en aperçoive, sa main rencontra son écharpe et la serra violemment, à s’en meurtrir les doigts. Le bruit de son sang lui bouillonnait dans les oreilles. Le sang… la vie tant qu’il circulait dans son corps… Qui bientôt emporterait son souffle entre les pavés poisseux. Elle serra les mâchoires et ferma les yeux pour ne plus contempler ce regard flamboyant. Sa volonté l’abandonnait. Sa respiration s’accéléra, de petits sanglots la traversèrent. Un léger courant d’air agita sa frange et fit courir, glacée, une larme le long de sa joue. Elle rouvrit les yeux. Il avait disparut.
Et oui, c'est plus court. (comment ça ouf? Et comment ça tout le monde l'a déja lue?)
Bref, j'ai été malade deux jours, à présent j'essaye de rattraper le retard niveau scolaire, et tout ça n'arrange pas mes affaires sachant que j'ai du travail pour la Baleine Blanche et surtout l'Oeil d'Hermès. Mais je vous promets que je vais faire tout mon possible pour que le Vent-Soupir démarre bientôt. A propos de la Baleine Blanche, nous avons passé deux mois au Soudan pour réaliser un bouquin sur le naturalisme (l'étude des animaux/plantes etc...), ma principale contribution étant des dessins, résultats de plusieurs semaines de travail (non, je n'exagère pas). Hors au retour de l'expé, tous les dessins ont été perdus. Trois mois de boulot, de rêves, paumés. Pas seulement les miens, tous ceux de l'expé. Et bien la bonne nouvelle (c'est un euphémisme, c'est un vrai miracle!) ils ont été retrouvé!
Je suis une vraie girouette en ce moment et j'ai encore changé d'avis sur la forme de la BD. En fait c'est plus le fond qui me préoccupe. Comment dire, c'est depuis trop longtemps en chantier et je n'ai jamais donné de sens à l'ensemble, ce sont des petis bouts d'histoire progressivement collés ensembles pour faire un tout cohérent. Il y a des bonnes idées, mais je crains que ça ne fonctionne pas, qu'on s'ennuit, qu'on ne rentre pas dedans comme ça arrive quelquefois en lisant des BD. Et vu que l'histoire se prend plutôt au sérieux (entre le drame, la légende et le pathétique ^^) si on n'est pas pris tout de suite ça risque d'ennuyer, ou de passer pour de la violence gratuite, de la surenchère ou que sais-je encore. Et je tiens tellement à cette histoire, à ces personnages que si les lecteurs n'appréciaient pas ça serait un grand échec, ou plutôt une déception très forte, un peu comme si je me livrais moi même et qu'on me dise que ça n'est pas intéressant. Et oui, car c'est ça l'art, donner une part de soi même. Enfin cette peur de ne pas plaire, c'est commun à tout le monde je pense, ce qui m'inquiète ce sont les causes de ce doute. D'abord, que mes idées soient trop bateaux, qu'on les retrouve partout. C'est ma première oeuvre et forcément je m'inspire de ce que j'aime, mais tout ça c'est pas très original. Et puis l'autre gros problème, c'est que j'ai des idées qui fusent de partout, pas toujours bien développées, pas bien liées entre elles, et surtout il y en a trop, je sais plus où donner de la tête. Je ne prends pas assez de temps pour les poser sur papier et les dérouler à travers l'histoire. J'ai inventé le scénario par petits bouts, les thèmes pareil, et quand j'essaye de relier tout ça il y a toujours un morceau qui m'échappe. Oui, c'est surement un trop gros morceau pour débuter, et même si c'est possible de faire quelque chose d'aussi important avec de la rigueur et une bonne organisation, quand j'ai décidé de m'y mettre sérieusement le scénario était déja très avancé, tentaculaire... Je ne l'ai jamais remis en question depuis lors, j'ai juste essayé de l'enrichir et de le rendre cohérent: erreur, car je n'ose jamais assez modifier les évènements, je reste avec ce gros machin qui va mal et j'essaye tant bien que mal de polir ce qui déborde... Tout ça pour dire que je dois remettre en cause ce que j'ai fait jusqu'à maintenant, me donner des limites précises et chambouler ça de fond en comble. Encore quelque chose qui va prendre du temps, pensez vous, pas vrai? Oui, mais ça me parait indispensable, et ça améliorera le résultat.
Je ne me suis jamais posée les questions telles que "qu'est ce que je veux faire passer comme idée", "est-ce que je veux divertir"... En fait si, mais justement je veux tout faire et rien faire à la fois, et je me dis que ça s'arrangera quand je mettrais sur le papier...
L'idée de remettre tout en question m'enthousiasme beaucoup (si si, c'est vrai) il n'y a rien de plus ennuyeux que de toujours raconter la même chose. Quelque part, cette histoire m'emprisonne, et quand je me permet de la modifier, c'est me rendre libre d'un seul coup. Je me dis: "Je peux en faire ce que je veux!" Entre le moment où j'ai inventé cette histoire et maintenant, beaucoup de temps c'est écoulé, j'ai changé. Mais c'est difficile de faire évoluer une histoire d'enfant vers une histoire d'adulte. Parce que je suis encore enfant, et un peu adulte. Je veux transmettre le rêve de l'enfance, avec des préoccupations plus matures. Est_ce contradictoire? Il y en a qui y parviennent, comme Miyazaki. Mais tout le monde n'a pas un talent de génie!^^
On verra bien comment je m'en sors!
Je m'aperçois que ce blog deviens de plus en plus un blog, je me mets à raconter ma vie (en restant autour de mes productions, certes, mais quand même). C'est bien ou mal? Vous en pensez quoi? Je vous ennuie?
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